Doc - Parc Andringitra - Voyage Madagascar  

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Documentation Parcs Nationaux de Madagascar

Le Parc National d'Andringitra

Le Parc National d’Andringitra se trouve dans le Sud Est. Il abrite le pic Boby, le plus haut sommet accessible de Madagascar. La nature, les traditions et le mystère qui entourent Andringitra font de ce parc un lieu mystique et panoramique é découvrir. GPS : 22°07’Sud - 22°21’Sud et 46°47’ - 47°02’Est

 

Andringitra se situe à 47 km au Sud d'Ambalavao le long de la Route Nationale n°7, dans la région de la Haute Matsiatra. Le parc s’étend sur 31 160 ha. Juché sur les hauteurs, son altitude varie entre 650 et 2658 m.

 

Concentrée d’endémisme et de diversité, la biodiversité d’Andringitra est préservée par la disposition du parc en pente et par les massifs rocheux.


La faune
Sept (7) espèces de crustacés, 190 espèces d’insectes, y compris les aquatiques, 78 espèces d’amphibiens, 50 espèces de reptiles, 54 espèces de mammifères (lémuriens, carnivores, chauve souris, micromammifères) et 108 espèces d’oiseaux sont recensées dans le parc.

Le meilleur de la faune d’Andringitra
1. Le Lemur catta, lémurien de fourrure brune, la queue annelée de noir et de blanc. Rencontrez-le toute l’année, mais il faut noter que les mois d’octobre et novembre sont les bons moments pour l’observer car c’est la période de la naissance des petits. Visible à travers les circuits de Isahavato et Diavolana, à partir de 2000m d’altitude, cette espèce peut donner naissance à des jumeaux. La dominance hiérarchique chez L. catta est très remarquée. Comme la plupart des autres espèces de lémuriens, les femelles sont dominantes.
2. L’Alectroenas madagascariensis, oiseau de plumage rouge aux contours des yeux colorés dont la gorge et la face ventrale de son corps est blanche, sa queue est rouge violacée et son corps bleu grisâtre est visible dans le circuit Imaitso.
3. Le Buteo brachypterus est un oiseau à bec courbé. Sa poitrine est blanche et marron clair taché de blanc. On le voit à moins de 2300m dans toutes les forêts originelles, les zones forestières dégradées et les zones rocheuses en altitude.
4. Le Furcifer campani, petit caméléon noir moucheté de blanc, de jaune, de rouge avec trois bandes jaunes sur le flanc. Ce reptile aux couleurs chamarrées creuse la terre pour pondre en saison de pluie, de janvier à mars.
5. Le Calumma nasuta est un minuscule caméléon jaune clair dont le mâle porte une ligne latérale blanche claire et une corne. La femelle est de grande taille et porte des écailles visibles. Son corps marron est teinté de vert clair.
6. Le Philépitte faux-souimanga de Salomonsen Neodrepanis hypoxantha. C’est une espèce qui préfère une haute altitude et classée en danger (EN) par l’IUCN en 2008. Andringitra est l’une des meilleurs endroits pour l’observer.
7. Vanga de Pollen Xenopirostris polleni. C’est une espèce de Vangidae et classée menacée par l’IUCN en 2008. Observée à partir du niveau de la mer jusqu’à une altitude de 1000m.
8. Le Rollier terrestre de Crossley Atelornis crossleyi, une espèce menacée et l’une des espèces appartenant à une famille endémique Brachypteraciidae.

 

La flore
Quelques 1000 espèces de plantes sont connues à l'intérieur du Parc National d’Andringitra. La végétation diffère selon la forêt, dense humide de basse altitude ou de moyenne altitude. Mais la végétation des montagnes est la plus intéressante : les arbres y sont petits, plus ramifiés avec une tendance à la sclérophyllie.

Le meilleur de la flore d’Andringitra
1. L’Aloes andringitriensis, aloès endémique d’Andringitra, est réputé pour ses fleurs spectaculaires qui s’épanouissent de juin à septembre. Votre appareil photo en bandoulière, prenez le circuit Diavolana pour le trouver. 
2. L’Immortel ou Helychrisum mirabile est une plante à feuilles mauves dont la fleur blanche s’ouvre entre juillet août.  On trouve cette plante rare dans la zone rocheuse du
circuit Diavolana
3. Le Rhipsalis baccifera est une espèce de Cactacées. Épiphyte, cette plante pousse sur les troncs d’arbre. Elle est de couleur verte, succulente, et vit dans la forêt. Le Rhipsalis baccifera est célèbre pour ses ramifications pendantes. Le
circuit Imaitso est le meilleur endroit pour le voir.
4. La Ficus rubra. C’est une plante épiphyte qui s’enroule autour d’un tronc depuis le niveau du sol jusqu’en haut. L’arbre est ainsi étranglé jusqu’à ce qu’il meure, après quelques années. Une plante sauvage que le
circuit Imaitso vous fera découvrir.
5. L’Osbeckia andringitrensis est un arbuste endémique d’Andringitra. Elle est connue pour ses petites feuilles vertes dont les ramifications sont en forme d’œuf. Découvrez cette plante en empruntant les
circuit Diavolana et Isahavato.

 

L’histoire d’un parc
La Réserve Naturelle Intégrale Andringitra a été fondée en 1927.  En 1998, Andringitra devient un Parc National qui fut inauguré en 1999. Il est l’un des six parcs classés, en 2007, comme Patrimoine Naturel Mondial des Forêts de l’Atsinanana.  Andringitra est le pays des Betsileo. Cette tribu vit de la riziculture en terrasse et de l’élevage. La partie Ouest du parc est habitée par la tribu des Barabory, à l’Est se trouvent les Baraharonga, descendants des migrants venant du Sud-Est d’Ivohibe.

Un couloir forestier
Andringitra est relié  à la Réserve Spéciale du Pic d'Ivohibe et au Parc National de Ranomafana grâce à un couloir forestier de 180 Km. Ce couloir est un authentique refuge pour la faune et la flore. Situé sur un plateau cristallin très élevé, Andringitra est constitué à l’Ouest par le gneiss d’Amborompotsy et à l’Est par du granit magmatique. Une série de gigantesques dômes rocheux et de chaîne de rochers aux arêtes étroites se dessinent sur les hauteurs, donnant un paysage lunaire.

 

Frais et pluvieux
Le cœur de la zone touristique est le plus glacial : les températures varient de -7°C à 25 °C. Le climat est capricieux en altitude : attendez-vous à des crachins imprévisibles !
Le mois de février est pluvieux dans l’Andringitra et les mois d’août et de juillet sont frais. Le versant Est, qui a un climat tropical humide, bat les records de pluviométrie avec 4000 mm de pluie par an. La température moyenne est de 21º C. L’Ouest subit un effet de fœhn, un vent chaud et sec. Les fleuves du Zomandao, un affluent du Mangoky, de Menarahaka et de Iantara, des affluents de Manampatra et Rienana sillonnent le parc.

 

 

H. Rabetaliana, M. Randriambololona et P. Schachenmann

 

Hanta Rabetaliana est coordonnateur de projet du Programme Madagascar du Fonds mondial pour la nature (WWF).
Michel Randriambololona travaille au Service de surveillance écologique du projet Andringitra du WWF.
Péter Schachenmann est Conseiller technique principal du projet Andringitra du WWF.

L'utilisation des connaissances traditionnelles et des méthodes modernes pour l'aménagement des ressources naturelles de montagne

La chaîne de montagnes Andringitra au sud de Madagascar est un relief granitique du précambrien ancien dont l'altitude varie de 500 à 2 600 m. Elle s'étend du nord au sud, à une centaine de kilomètres de l'océan Indien et à 120 km au nord du tropique du Capricorne; elle marque la limite méridionale de l'escarpement oriental de Madagascar. Son sommet (pic Boby) culmine à 2 658 m et est le deuxième pic le plus élevé de Madagascar, montagne isolée (inselberg ou pédiment) au milieu d'une plaine d'érosion.

La principale caractéristique de la région est que la chaîne Andringitra fait fonction de barrière topographique. En l'espace de quelques kilomètres, le climat et la géographie changent complètement entre le versant océanique, humide et exposé aux vents à l'est, et le versant continental sec, sous le vent, à l'ouest; à cela vient s'ajouter une zonation d'altitude marquée, des basses terres tropicales aux hautes terres subalpines.

Le contraste des types de paysages se reflète dans la diversité culturelle et socioéconomique. Chacun des trois principaux groupes culturels a sa propre identité, son propre système de valeurs, de croyances et ses stratégies de survie, toutes adaptées à l'habitat local.

Les Bara Haronga vivant dans la forêt tropicale à l'est de la chaîne de l'Andringitra ont développé une agriculture traditionnelle durable sur brûlis en une riziculture pluviale. Les débuts des systèmes agroforestiers simples qui associent les cultures vivaces (café, canne à sucre et arbres fruitiers) et l'élevage bovin se trouvent autour des hameaux dans la forêt. Les agriculteurs Betsiléo sur les contreforts septentrionaux de l'Andringitra ont dessiné des terrasses sophistiquées sur les flancs de la montagne pour organiser un réseau d'irrigation complexe destiné à la culture du riz, ce qui a créé un magnifique paysage. Les tribus Bara à l'ouest et au sud utilisent les ressources naturelles de la savane claire dans le cadre d'un système d'exploitation agropastorale.

Au cours des 200 dernières années, l'ensemble des caractéristiques du paysage montagneux (pics, forêts, prairies, lacs et cascades) et des processus climatiques tels que les orages, les tempêtes de grêle et les chutes de neige occasionnelles, ont façonné l'identité culturelle de chaque groupe social. A son tour, la population humaine, dont l'évolution est liée au milieu naturel, a laissé son empreinte sur le paysage.

Au XXe siècle, des explorateurs comme Perrier de la Bâthie et Humbert ont reconnu que le massif était un centre important de diversité des sites et des habitats et, en 1927, la partie centrale de la chaîne de montagnes (environ 31 160 ha) a été déclarée réserve naturelle intégrale. Cependant, la zone est restée peu connue des étrangers jusqu'au début des années 90, lors de la promulgation du Plan d'action malgache pour l'environnement et de l'établissement du parc national d'Andringitra.

 

LE PLAN D'ACTION MALGACHE POUR L'ENVIRONNEMENT

En vertu du Plan d'action malgache pour l'environnement, cette région montagneuse a été déclarée parc national d'Andringitra en juillet 1993. Les principales parties prenantes sont les communautés locales qui sont directement et indirectement tributaires des ressources naturelles des montagnes. Le Plan d'action prévoit également des scientifiques nationaux et internationaux qui travaillent comme partenaires à l'étude des composantes biologiques du parc et de ses processus écologiques. L'Association nationale pour la gestion des aires protégées (ANGAP) et la Direction des eaux et forets sont les institutions responsables au niveau national. Le Fonds mondial pour la nature (WWF) est l'initiateur et l'animateur technique d'une démarche intégrée de conservation et de développement, tandis que la Banque d'Allemagne est le donateur externe, par le biais de la Kreditanstalt für Wiederaufbau (KfW).

Le premier objectif du plan d'action était de parachever un inventaire géographique de toute la zone. Les questions fondamentales à se poser étaient les suivantes: quelles ressources et quelles caractéristiques physiques, biologiques et culturelles uniques la région possède-t-elle? Où sont-elles situées et quelles sont les menaces réelles et potentielles à leur conservation et au développement socioéconomique? Quelles sont les stratégies traditionnelles de survie des populations locales? Où, quand et comment les membres du Plan d'action pour l'environnement doivent-ils intervenir?

A ce stade initial, des équipes interdisciplinaires d'organisations techniques nationales et internationales se sont unies aux populations autochtones pour analyser les processus écologiques et les modes d'exploitation des ressources de la région. Elles ont adopté une démarche scientifique conjuguée aux connaissances traditionnelles. Il a fallu créer un climat de confiance et de respect mutuel entre les nombreuses parties prenantes, notamment les habitants locaux, les scientifiques, les responsables politiques et institutionnels, les organisations nationales et internationales de conservation et les donateurs, les gestionnaires et le grand public.

Quatre ans après sa création, le Plan d'action pour l'environnement a pu rendre compte des résultats de ses études dans trois secteurs importants:

· inventaire des principales caractéristiques, mettant l'accent sur la faune et la flore, en particulier celles qui sont uniques dans la région d'Andringitra, et proposition du site à la classification de monument national, ainsi que site potentiel du patrimoine mondial;

· formation multidisciplinaire des autochtones par des scientifiques externes afin d'accroître les capacités d'utilisation des ressources;

· introduction d'une base juridique pour les droits et responsabilités d'utilisation des ressources à l'intérieur du parc et au-delà de son périmètre.

 

CARACTÉRISTIQUES PHYSIQUES ET ÉVOLUTION DYNAMIQUE

La datation des échantillons recueillis sur une coupe verticale de la roche précambrienne sur le Pic Boby remonte de 340 à 400 millions d'années au sommet (2 658 m) et à 200 millions d'années au site d'échantillonnage le plus bas, soit 1715m plus bas. La résistance différenciée des granités à l'érosion, leur lithologie, et les processus d'altération physique et chimique ont donné une grande variété de caractéristiques géomorphologiques, et la roche naturelle a pris des formes extraordinaires. La seule moraine glaciaire à Madagascar se trouve au pied de l'escarpement oriental à environ 1 900 m, témoignant d'une période de glaciation antérieure, dont l'âge n'a pas encore été établi. Le paysage est tout à fait spectaculaire avec des macro et microformes de roches naturelles évoquant des expositions d'art moderne dans des musées en plein air. La zone a un vaste potentiel touristique.

Le parc national d'Andringitra est un exemple rare d'écosystème montagneux où la diversité biologique, l'habitat et les identités culturelles sont étroitement liés dans une relation mutuellement bénéfique. Seuls 30 pour cent environ du parc est à couvert forestier, mais la structure de la forêt est très variée et va des futaies tropicales humides à faible altitude, aux landes et à la brousse des zones plus élevées, en passant par les forets d'essences sclérophylles et de bambous. Les conditions édaphiques et climatiques, associées à l'ingérence humaine en altitude, se sont traduites par une mosaïque de végétations différentes, en particulier dans les zones de transition.

L'interaction entre la latitude et l'altitude crée des contraintes climatiques qui ont fait converger les essences vers les plus hautes altitudes. Philippia spp. (éricacées), Helichrysum et Stoebe spp. (astérées) et Panicum cupressifolium (poacées) sont parsemées en formations pratiquement indifférenciables d'éricoïdes/cupressoïdes.

Le facteur inselberg (île) associé à la zonation d'altitude a porté à un fort endémisme local. Parmi les monocotylédones, sur 40 pour cent natives de Madagascar, 7,7 pour cent sont endémiques aux montagnes Andringitra. Parmi les dicotylédones, les proportions correspondantes sont de 24 et 3.4 pour cent; les reptiles 80 et 12 pour cent et les amphibiens 52 et 11,4 pour cent. Quinze espèces d'insectivores ont été également recensées.

Il existe 15 espèces répertoriées de lémuriens, toutes endémiques à Madagascar. La plus importante est le maki à queue zébrée (Lemur catta) qui est passé de son habitat typique des forêts de plaines du sud de Madagascar à un milieu de haute montagne avec de brusques changements climatiques et une végétation dominante de plantes grasses. Ces lémuriens ont colonisé les affleurements rocheux et les falaises du versant occidental de l'Andringitra jusqu'aux plus hauts sommets, et occupent désormais une niche écologique unique.

Les prairies de haute montagne du plateau Andohariana, à 2 000 m d'altitude, occupent une position unique sur le continent africain, comparable au paramos et à la puna des Andes d'Amérique du Sud - qui dépend de la latitude, de l'altitude, du caractère saisonnier des conditions sèches et humides et des fluctuations de température diurne importantes. Au contraire de sites similaires (où les genres principaux sont Festuca, Calamagrostis, Agrostis, Poa et Koeleria), le plateau Andohariana est dominé par diverses essences de Panicum. Cette prairie de haute montagne rassemble également une variété d'orchidées: Aloe andringitrensis et Disa andringitrana sont courantes et reconnues comme les essences les plus estimées.

La région d'Andringitra a été découverte par les éleveurs à la recherche de climats favorables et de bons pâturages pour leur bétail. Par la suite, au début du siècle dernier, les colons se sont installés dans le fond des vallées, entre 1 000 et 1 400 m, et ont commencé à transformer la végétation naturelle en un paysage cultural. Dans le reste du pays, pour l'essentiel, ce processus traditionnel de migration, de colonisation et de modification de l'utilisation des terres, aggravé par les effets des problèmes démographiques, socioéconomiques et politiques, s'est traduit par le déboisement, l'exploitation des ressources naturelles et la perte de la biodiversité.

En revanche, l'Andringitra, du fait de sa situation reculée et de sa topographie accidentée, a moins souffert de la dégradation; en effet, il existe encore des possibilités de concilier les besoins humains avec les buts de conservation. Les montagnes ont un fort potentiel économique, des ressources d'eau en abondance et des sols alluviaux fertiles, ainsi qu'une riche histoire culturelle que l'on découvre dans le folklore local de nos jours. Les zones périphériques au nord du parc (où vit la tribu Betsiléo) offrent un magnifique paysage cultural, agrémenté de nombreux sites mystiques et sacres, tels que les célèbres chutes de Riambavy et de Riandahy, les lacs mystiques et les marais d'Amboromena, et les forêts sacrées de Velontsoa, Tsaranoro et Ambohimana. Sur ces sites, les ressources naturelles et la biodiversité sont protégées par de profonds tabous et des croyances spirituelles. Le lien entre les sites sacrés, l'identité culturelle et la diversité biologique est manifeste, comme le souligne le concept de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) sur l'homme et la biosphère, où la population humaine s'insère avec succès dans le paysage naturel (voir l'article de Schaaf à la page 31 du présent numéro d'Unsaylva).

Le plateau Andohariana

Le plateau Andohariana, prairie de haute montagne du parc d'Andringitra, est vraisemblablement le seul laboratoire «naturel» de Madagascar où les activités humaines n'ont pas altéré l'écosystème naturel mais, à vrai dire, ont favorisé la biodiversité. Il comprend quelque 3 000 ha de plaines doucement ondulées en direction du versant océanique du massif, entre 1 900 et 2 100 m, où l'interaction dynamique entre les herbages, les forêts sclérophylles de montagne et les landes se traduit par une utilisation durable des sols. Il est situé dans l'écotone entre deux types de climat et de végétation: à l'est, les forêts humides, et, à l'ouest, la savane et les plantes grasses alpestres. Une association de facteurs édaphiques et climatiques, des incendies occasionnels naturels ou causés par l'homme et l'élevage en bordure de la forêt créent un écosystème durable avec une mosaïque de types de végétations et de groupements végétaux, et une importante biodiversité. L'institution de la Réserve naturelle intégrale d'Andringitra en 1927 a servi à montrer aux communautés locales qu'il y avait d'autres partenaires publics concernés, et à les aider à contenir l'ingérence humaine dans des limites acceptables.

Contrairement au reste de l'Afrique tropicale, Madagascar n'a pas une faune herbivore naturelle, et cette niche est occupée par des insectes et des bovins introduits. Le rôle écologique des animaux de pâturage consiste à maintenir une végétation claire et une pâture sélective, qui ont une fonction importante dans la composition des essences de formations végétales. La consommation de plantes sur pied réduit également le risque d'incendies fréquents et limite l'ombrage, enrichissant ainsi la biodiversité. Les principales familles végétales sont les poacées (Panicum cupressifolium, Pentaschistis andringitrensis, Panicum andringitrensis, Sporobolus spp., Imperata cylindrica, Craspedorachis spp.. Rytachne spp.), les éricacées (Agauria spp., Vaccinium spp.. Philippia spp.), et les astérées (Helicrysum spp., Stoebe spp., Senecio spp., Anthanasia spp.).

Le profil de croissance inégale de ces espèces rehausse également la valeur esthétique de cette mosaïque. A titre d'exemple, durant la saison des pluies, le plus grand assemblage connu à Madagascar d'une trentaine d'essences d'orchidées de sol (Cynosorchis spp., Disa spp., Eulophia spp., Habenaria spp., Satyrium spp., Benthamia spp., Lissochilus spp., Tilostigma spp.) colonise des sites sur le plateau bénéficiant de bonnes conditions d'ensoleillement et des prairies d'herbe rase qui sont le résultat des «altérations équilibrées» des feux et du pâturage.

Vers l'escarpement oriental, la prairie se transforme petit à petit en une succession de différents types de forêts de montagne. D'ouest en est, la végétation basse d'éricoïdes fait place à une forêt sclérophylle (deux Agauria spp.. Philippia spp., Polyscias spp., et Ilex spp.) parsemée d'arbres immenses (Agauria polyphylla) et de peuplements denses de grands Philippia (atteignant 8 m de hauteur). De l'extrémité du plateau Andohariana, plus à l'est encore, on observe la nette pénétration de la végétation sclérophylle de montagne dans l'énorme forêt tropicale humide sur les flancs du massif Andringitra. Cette forêt sclérophylle, parfois composée uniquement de Philippia, occupe les crêtes et les sommets, tandis que la forêt humide colonise les pentes et les vallées, créant là encore une physionomie fragmentée avec toutes ses nuances de verts, toute la gamme de parfums et même de bruits typiques des oiseaux de la forêt, tels que Pseudocossyphus bensoni, Neodrepanis hypoxantha et Dmmaeocercus seebohmi.

Durant les cycles plus secs, sous l'influence des feux, le Plateau Andohariana ressemble plus à un écosystème de prairie; en revanche, avec la diminution des incendies lors des cycles plus humides, il assume davantage l'aspect d'une forêt sclérophylle de montagne. L'élevage bovin et l'impact des feux peuvent porter à des «altérations constantes» ou à une «dégradation irréversible». Les responsables du parc sont-ils en mesure de gérer une telle complexité?

 

FORMATION DES POPULATIONS LOCALES AUX TECHNIQUES SCIENTIFIQUES MODERNES

Le deuxième but du Plan d'action pour l'environnement était de présenter des méthodes scientifiques modernes de recherche aux représentants des populations autochtones et les former au suivi et à la gestion de l'utilisation des ressources dans le parc et ses abords.

Le Projet intégré de conservation et de développement, en collaboration avec le Programme de formation écologique du WWF, a adopté une démarche de recherche participative et appuyé un partenariat entre la population indigène et les scientifiques de l'extérieur. Les habitants ont été formés à toute une série de disciplines physiques et sociales, afin de leur permettre d'appliquer leurs connaissances aux programmes de surveillance écologique et sociale et aux études d'impact sur l'environnement. Les administrateurs et les experts du projet, œuvrant de concert avec les indigènes, ont appris à apprécier la sagesse traditionnelle et les connaissances locales des processus écologiques et des modes d'exploitation.

Les résultats obtenus par S. Razafimandimby, un jeune agriculteur plein d'enthousiasme, originaire d'un petit village situé non loin du parc national, illustrent le succès remporté par le projet de formation. M. Razafimandimby a commencé comme porteur pour l'inventaire biologique de 1993 sur les versants orientaux de la chaîne. Les circonstances aidant, il est devenu un expert notoire de fourmis dans le pays, grâce à sa curiosité, à sa détermination et à son intérêt soutenu, associés à une formation sur le tas. En mars 1998, il a reçu l'Ordre de l'Arc d'or, une distinction conférée par S. A. R. le Prince Bernhard des Pays-Bas, en témoignage des résultats exceptionnels obtenus dans le domaine de la conservation de la nature. M. Razafimandimby suit désormais une formation scientifique plus poussée à la Division des sciences de la vie du Musée d'Afrique du Sud de la ville du Cap.

 

MISE EN PLACE D'UN BASE JURIDIQUE POUR LA PROTECTION ET L'AMÉNAGEMENT DU PARC NATIONAL

Le troisième grand objectif du Plan d'action pour l'environnement était d'offrir une base juridique pour les droits et responsabilités communautaires, aussi bien dans l'enceinte qu'aux abords du parc.

Les pressions soutenues aux niveaux national et international se sont traduites par une réorientation importante de la gestion centralisée du sommet à la base des ressources naturelles du parc au profit d'une démarche décentralisée, à partir de la base, axée sur un aménagement fondé sur la collaboration. Des cadres institutionnels et juridiques sont en train d'être élaborés pour permettre aux autochtones de prendre en main de façon progressive l'aménagement des ressources naturelles du parc.

A l'échelon national, le premier grand résultat obtenu a été l'adoption par le Parlement, en 1996, d'une loi préconisant la gestion locale des ressources naturelles renouvelables en dehors des aires protégées. La deuxième réalisation concernait spécifiquement le projet Andringitra. Le décret du Gouvernement portant création du parc national stipule que le Plan d'aménagement doit garantir: l'accès aux tombes et aux sites sacrés; le droit d'utilisation et de passage sur les sentiers traditionnels du parc; les droits coutumiers existants pour la collecte, dans le parc, des produits destinés à la consommation personnelle; et enfin, que le pâturage soit toléré dans les prairies de haute montagne dans les limites d'une utilisation acceptable - ces limites devant être fixées et contrôlées d'un commun accord.

 

DÉBAT ET PERSPECTIVES POUR L'AVENIR

Les stratégies traditionnelles d'aménagement adaptables peuvent-elles cohabiter avec succès avec des méthodes institutionnelles plus strictes?

Le Projet intégré de conservation et de développement du parc national d'Andringitra a jeté les bases d'une utilisation durable des ressources pour l'avenir et d'une gestion participative dans l'enceinte du parc et ses abords. La démarche commune avait pour but d'instaurer un climat de compréhension mutuelle et de négociation politique entre les populations locales et les autorités. Le projet a démontré que les utilisations traditionnelles peuvent être durables si les autochtones exercent une faible pression, si les mécanismes de contrôle traditionnels sont appliqués et si les conflits entre les différents groupes d'intérêts sont résolus. Maintenant que le parc est plus accessible, la zone périphérique s'ouvre au développement économique et à l'écotourisme, qui susciteront de nouveaux groupements et conflits d'intérêts potentiels.

Un système de zonage du parc a été mis au point, avec la désignation de zones spécifiques pour la conservation, l'utilisation durable, les pâturages, l'écotourisme et la restauration. Les zones périphériques devraient servir à la mise en valeur et aux services. Les quatre catégories de zonage sont: i) utilisation interdite (aucun feu ou pâturage incontrôlés); ii) système de quotas avec permis (pour les produits de forêt primaire et le tourisme); iii) utilisation soumise à déclaration (pour les produits de forêts secondaires); et iv) accès illimité (par exemple aux sites sacres).

Un mécanisme de contrôle informel fonctionne aujourd'hui et le cadre juridique du Décret portant création du parc national est désormais en place. La prochaine phase consistera à continuer d'associer toutes les parties prenantes, en particulier les communautés locales, afin qu'elles développent la capacité d'assumer leur rôle futur en tant que cogestionnaires compétentes et responsables des ressources naturelles à l'intérieur et à l'extérieur du parc. La gestion des ressources a des implications écologiques, économiques et sociales dans une interaction dynamique. Pour être durables, ces trois forces doivent suivre une évolution parallèle et équilibrée. Le Projet intégré de conservation et de développement du Plan d'action malgache pour l'environnement continuera à remplir des fonctions de médiation, d'animation, de conseils techniques et de suivi.

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